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Impôts : le salarié moyen français a travaillé jusqu'au 22 juillet pour l'État

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L'Institut économique Molinari publie la 17e édition de son « jour de libération fiscale ». Avec un taux de prélèvement réel de 55,6 %, la France reste championne d'Europe. Et le curseur recule encore de quatre jours par rapport à 2025.
 

C'est un marronnier qui pique. Chaque été, l'Institut économique Molinari (IEM) calcule, à partir de données produites par EY, le « jour de libération sociale et fiscale » : la date à partir de laquelle le salarié moyen cesse théoriquement de financer charges et impôts pour disposer librement du fruit de son travail. En 2026, pour la 17e édition, ce jour tombe le 22 juillet en France. Soit quatre jours plus tard qu'en 2025 : la libération recule, signe que la pression augmente.
 

La France sur la plus haute marche du podium
Avec un taux de prélèvement réel de 55,6 % sur le salarié moyen (cotisations sociales, CSG-CRDS, impôt sur le revenu et TVA confondus), la France conserve son titre de championne des prélèvements obligatoires dans l'Union européenne. La pression progresse de 1,2 point sur un an, un niveau inégalé depuis 2019, notamment sous l'effet de la réduction des allégements de cotisations patronales. Sur le podium, l'Autriche (54 %) et la Belgique (53,99 %) suivent, toutes deux libérées dès le 17 juillet.
 

Les chiffres bruts donnent le vertige. Le salarié moyen coûte 65 777 euros à son employeur, mais il ne lui reste que 29 232 euros nets une fois charges et impôts acquittés, soit 36 545 euros de prélèvements. À eux seuls, les cotisations sociales (31 487 euros) représentent 108 % du revenu disponible après impôts et pèsent bien davantage que l'impôt sur le revenu (8 % du total, soit 3 026 euros) ou la TVA (6 %, soit 2 032 euros). Autre manière de le dire : un employeur doit débourser 225 euros pour offrir 100 euros de revenu supplémentaire à son salarié. Un record européen.
 

Le procès de la retraite par répartition
Au-delà du constat, l'étude porte une thèse : cette pression record s'explique en partie par un financement des retraites presque exclusivement fondé sur la répartition. Faute de capitalisation, la France afficherait un « manque à gagner » de l'ordre de 3 400 euros par an et par personne active ou retraitée, comparée aux pays ayant le plus misé sur l'épargne retraite (Danemark, Pays-Bas, Suède). À l'échelle nationale, l'IEM chiffre ce manque à 160 milliards d'euros par an, soit 6 % du PIB. L'institut souligne aussi que, pour un même coût employeur, le salarié moyen français touche 20 % de salaire net de moins que ses homologues finlandais ou suédois.
 

La photographie européenne mérite toutefois d'être nuancée. Sur un an, dix-sept pays de l'Union ont vu leur pression fiscale augmenter : la France n'est donc pas la seule à serrer la vis. Mais elle part du niveau le plus élevé, ce qui rend chaque hausse d'autant plus sensible. À l'autre bout du classement, cinq pays, dont le Danemark, la Finlande et la Suède, ont au contraire regagné des jours de liberté fiscale, souvent grâce à une meilleure maîtrise de la dépense publique.
 

Pour l'épargnant français, ce diagnostic a une traduction très concrète : compléter par soi-même une retraite par répartition dont le taux de remplacement futur est appelé à s'éroder. Plan d'épargne retraite (PER), assurance-vie, épargne salariale… les enveloppes de capitalisation individuelle prennent, dans ce contexte, une importance croissante, non pour remplacer le système public, mais pour amortir la perte de revenus au moment du passage à la retraite. Un réflexe encore trop peu répandu en France, où l'épargne longue reste sous-investie en actifs de long terme.
 

« Il est urgent de généraliser la capitalisation retraite », plaide Nicolas Marques, directeur général de l'IEM, pour qui « sans capitalisation collective généralisée, impossible de financer des retraites attrayantes sans détruire la compétitivité et le pouvoir d'achat ». Un point de vue assumé de l'institut, think tank libéral qui n'accepte aucune subvention publique. À l'inverse, les défenseurs de la répartition rappellent que ce système a fait la preuve de sa résilience face aux crises financières et qu'il assure une solidarité intergénérationnelle que la capitalisation, exposée aux marchés, ne garantit pas. L'étude note d'ailleurs que la France, championne de la fiscalité, ne pointe qu'au 21e rang européen pour la satisfaction dans la vie. Le débat, lui, promet d'occuper la campagne présidentielle.