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Logements anciens : les prix reculent de nouveau, les maisons en première ligne

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Les prix ont perdu 1 % au deuxième trimestre selon les indices des notaires et de l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques), et le premier trimestre a été révisé à la baisse. Les ventes progressent encore, mais de moins en moins vite, au moment où le crédit renchérit.
 

En mai, l’Insee annonçait une légère hausse des prix des logements anciens au premier trimestre, +0,2 %. Le 8 septembre, l’institut a corrigé ce chiffre à −0,2 % et publié celui du deuxième trimestre : −1,0 % sur trois mois, −0,8 % sur un an. La stabilisation du début d’année n’a donc pas tenu. Dans leur note de conjoncture n° 73, présentée le 22 octobre, les Notaires de France constatent que les prix sont « repartis à la baisse au deuxième trimestre 2026 ». Le marché, écrivent-ils, « semble ainsi peiner à retrouver des repères durables, dans un environnement marqué depuis plusieurs années par une succession de crises et de chocs économiques ».
 

Ces indices reposent sur les actes signés chez le notaire, donc sur des prix réels, avec un décalage d’environ trois mois sur la promesse de vente. Les chiffres du deuxième trimestre traduisent en grande partie des accords conclus en début d’année, avant la poussée récente des taux de crédit. Les indices sont révisés à chaque publication, au fil de l’arrivée des actes, et les coefficients saisonniers sont recalculés chaque année au deuxième trimestre : d’où la révision du chiffre de janvier-mars. Les indices du troisième trimestre seront publiés le 24 novembre.
 

Paris tient, la province glisse
 

Les maisons concentrent la baisse : −1,3 % sur un an, contre −0,1 % pour les appartements. En province, elles ont perdu 1,4 % en un seul trimestre, et l’ensemble des logements y recule de 1,0 % sur un an. L’Île-de-France résiste mieux (−0,3 % sur un an), avec des maisons en baisse de 1,5 % mais des appartements parisiens encore en hausse de 0,6 %. Selon les Notaires du Grand Paris, le mètre carré d’un appartement ancien dans la capitale valait 9 550 euros fin juillet, en baisse de 0,5 % sur un an, et les ventes y ont bondi de 20 % au deuxième trimestre. En région, les écarts restent faibles sur un an : −0,7 % en Auvergne-Rhône-Alpes, stabilité dans les Hauts-de-France, +0,2 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur.
 

Le volume national reste soutenu : 951 000 ventes sur douze mois à fin août, en hausse de 3,6 % sur un an. La dynamique s’essouffle pourtant, alors que la progression approchait 13 % fin 2025. Au printemps, la FNAIM (Fédération nationale de l’immobilier) tablait sur 900 000 à 920 000 transactions pour l’ensemble de l’année. Selon l’Insee, qui recense 38,6 millions de logements au 1er janvier 2026, les ventes portent sur 2,5 % du parc, contre 3,3 % au point haut de 2021.
 

Le crédit, nouvelle inconnue
 

Les avant-contrats signés ces derniers mois laissent entrevoir une stabilisation à l’automne, selon les notaires : une province proche de l’équilibre sur un an, des appartements franciliens globalement stables malgré un léger recul attendu à Paris, des maisons franciliennes en baisse. Ces projections pourraient toutefois ne pas intégrer la dernière remontée des taux. Les notaires retiennent un taux moyen de 3,32 % en août, d’après la Banque de France, et situent le seuil de fragilisation du marché au-delà de 4 %. Or le courtier Vousfinancer voit les taux moyens approcher 4 % sur 20 ans d’ici à la fin de l’année. Le pouvoir d’achat immobilier s’en ressent déjà : à la rentrée, SeLoger et Meilleurs Agents calculaient qu’un ménage pouvait acheter en moyenne 69 mètres carrés, 11 de moins qu’en 2020. « Malgré des vents contraires puissants, les acheteurs sont toujours là et le marché n’est pas bloqué », assurait alors Thomas Lefebvre, leur directeur scientifique.
 

Les annonces envoient déjà des signaux contrastés. Meilleurs Agents relevait des prix stables en septembre au niveau national, mais un premier repli de l’année à Paris (−0,2 %), et estime que le prix devrait redevenir « la principale variable d’ajustement ». Les acheteurs étrangers se montrent prudents : dans une enquête menée en juillet et en août auprès de 535 visiteurs étrangers de son site, Green-Acres relevait que 54 % hésitaient à acheter en France à cause de la situation politique, deux fois plus qu’à la vague précédente. L’enquête avait été bouclée avant les violences du 17 octobre.