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Bourse : 2,4 millions de Français ont passé au moins un ordre en 2025, un record porté par les ETF

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Le dernier tableau de bord de l'AMF, publié en mars 2026, révèle une accélération spectaculaire de la participation des particuliers aux marchés financiers. Le nombre d'investisseurs actifs a bondi de 26 % en un an, tiré par l'explosion des ETF et l'essor des courtiers européens. Décryptage d'une mutation profonde.

 

Les Français n'ont jamais été aussi nombreux à investir en bourse. Selon le tableau de bord des investisseurs particuliers actifs publié par l'Autorité des marchés financiers (AMF) en mars 2026, environ 2,43 millions de personnes ont réalisé au moins une transaction sur une action, un ETF ou une obligation au cours de l'année 2025. 

 

C'est 26 % de plus qu'en 2024 (1,93 million) et un niveau sans précédent depuis que le régulateur collecte ces données, en 2018, dans le cadre de la directive européenne MIF2 sur les marchés d'instruments financiers. Sur cinq ans, de 2021 à 2025, ce sont au total 4,5 millions de Français qui ont passé au moins un ordre de bourse — un chiffre qui témoigne d'un élargissement durable de la base d'investisseurs individuels en France.
 

Ce dynamisme est d'autant plus frappant qu'il rompt avec la tendance observée entre 2021 et 2023, période durant laquelle le nombre d'investisseurs actifs avait reflué après le pic lié aux confinements de 2020-2021. Le mouvement s'est inversé à partir de 2024 et a nettement accéléré en 2025, porté par deux phénomènes convergents : l'engouement massif pour les fonds indiciels cotés et la montée en puissance des courtiers établis dans d'autres pays de l'Union européenne.
 

L'explosion des ETF, nouveau moteur de la démocratisation boursière
Le chiffre le plus saisissant du tableau de bord concerne les ETF (Exchange-Traded Funds), ces fonds cotés en bourse qui répliquent la performance d'un indice. En 2025, plus de 1,1 million de Français ont réalisé au moins une transaction sur un ETF. C'est une hausse de 83 % par rapport à 2024, où ils n'étaient que 607 000, et près de cinq fois plus qu'en 2020, année où l'AMF n'en dénombrait que 223 000. Au quatrième trimestre 2025, 682 000 investisseurs étaient actifs sur ce segment, contre 130 000 trois ans plus tôt au même trimestre. La progression est vertigineuse.
 

Cet engouement s'accompagne d'un rajeunissement marqué de la population d'investisseurs. L'âge moyen des détenteurs d'ETF a chuté de manière spectaculaire, passant d'environ 60 ans en 2018 à 38 ans au quatrième trimestre 2025. Un effondrement de 22 ans en sept ans. Les investisseurs en actions, eux aussi, rajeunissent : leur âge moyen est passé de 60 à 48 ans sur la même période. Seuls les investisseurs en obligations conservent un profil plus âgé, autour de 60 ans, contre 70 ans en 2018.
 

Ce rajeunissement va de pair avec un afflux massif de primo-investisseurs. En 2025, 780 000 particuliers ont réalisé leur premier achat en bourse, après 516 000 en 2024 et 329 000 en 2023. En trois ans, 1,6 million de nouveaux investisseurs sont ainsi entrés sur les marchés. Parmi eux, une majorité s'est tournée vers les ETF : 583 000 personnes ont acheté un fonds indiciel coté pour la première fois en 2025, contre 113 000 seulement en 2023 — un quintuplement en deux ans.
 

Un quart des investisseurs français passent désormais par des courtiers européens
L'autre mutation révélée par le tableau de bord de l'AMF est l'essor des prestataires de services d'investissement (PSI) établis dans d'autres pays de l'Union européenne. Au quatrième trimestre 2025, environ 298 000 Français ont passé au moins un ordre en actions auprès d'un courtier dont le siège se situe dans l'UE hors France. Sur l'ensemble de l'année, ces investisseurs ont représenté en moyenne 26 % du total des investisseurs français en actions, contre 18 % un an plus tôt. Sur les ETF, la part monte à 34 %, contre 21 % en 2024.
 

La tendance est encore plus nette chez les primo-investisseurs. En 2025, 61 % des nouveaux acheteurs d'actions étaient clients de courtiers européens hors France. Ce basculement s'explique en grande partie par la compétitivité tarifaire de ces plateformes — souvent des néocourtiers à frais réduits — et par leur ergonomie, adaptée à un public jeune et connecté. 

 

L'AMF note toutefois que les montants échangés via ces prestataires restent proportionnellement plus faibles que leur part en nombre d'investisseurs : ils ne représentent que 15 % des montants échangés en actions et 20 % en ETF. Les ordres passés auprès des courtiers européens sont donc de taille plus modeste, ce qui confirme le profil de petits porteurs en phase d'apprentissage.
 

Cette édition du tableau de bord marque par ailleurs un changement méthodologique important. L'AMF distingue désormais deux périmètres : les clients français des prestataires établis en France (PSI FR) et ceux des prestataires établis ailleurs dans l'UE sur des instruments sous compétence du régulateur français (PSI UE). 

 

Les données historiques ont été recalculées en conséquence, ce qui rend les comparaisons plus rigoureuses et reflète mieux la réalité d'un marché où les frontières entre courtiers nationaux et européens s'estompent.