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PEL : la fin silencieuse d’un pilier de l’épargne réglementée

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Un changement majeur, largement passé sous les radars, se profile dans l’univers de l’épargne réglementée. À partir de mars, le Plan d’épargne logement (PEL) va connaître, pour la première fois depuis sa création en 1969, une vague de fermetures automatiques. En cause : l’arrivée à échéance de plusieurs millions de contrats dont la durée de vie est désormais plafonnée. Un tournant inédit qui pourrait surprendre de nombreux épargnants et altérer sensiblement la rémunération de leur capital.

 

Pourquoi certains PEL vont être automatiquement clôturés

Tout dépend de l’année d’ouverture du plan. La loi de finances pour 2011 a profondément modifié le fonctionnement du PEL en mettant fin à son caractère durable. Depuis le 1er mars 2011, la durée maximale de ces contrats est limitée à quinze ans. Une fois ce seuil atteint, la clôture est automatique, sans démarche spécifique de la part du client.

 

Les premiers plans concernés arrivent à maturité dès mars. En revanche, les PEL ouverts avant cette date ne sont pas soumis à cette limite et peuvent continuer à produire des intérêts sans échéance imposée.

 

Le risque du transfert vers un livret faiblement rémunéré

À la date anniversaire, la banque procède au transfert automatique du capital et des intérêts vers un compte sur livret ordinaire. Or ces supports, conçus comme des solutions d’attente, affichent des taux très faibles. Le contraste est marqué avec les PEL arrivant aujourd’hui à échéance, rémunérés à 2,5 % brut par an.

Sans intervention de l’épargnant, le capital peut ainsi rester immobilisé sur un support quasiment improductif, ce qui réduit fortement sa performance réelle.

 

Une occasion de repenser sa stratégie d’épargne

La liquidation d’un PEL ne doit pas être subie. Elle peut au contraire servir de point d’entrée pour réévaluer l’ensemble de sa stratégie patrimoniale. Dans un premier temps, les livrets réglementés reprennent leur rôle de réserve de liquidité. Avec un rendement fixé à 1,5 % et une exonération fiscale totale, le Livret A surpasse désormais un PEL récent. Le LDDS constitue un complément logique lorsque les plafonds ne sont pas atteints.

 

En cumulant ces deux enveloppes, il est possible de placer jusqu’à 34 950 euros, tout en conservant une disponibilité immédiate. Au-delà, la liquidité cesse généralement d’être la priorité principale.

 

Sécurité de court terme, rendement de long terme

Il est généralement recommandé de disposer d’une épargne de précaution équivalente à trois à six mois de revenus afin de faire face aux imprévus. Une fois ce seuil atteint, l’enjeu n’est plus la disponibilité immédiate du capital mais sa capacité à générer du rendement.

 

Dans ce cadre, l’assurance-vie constitue une solution naturelle. Elle permet d’arbitrer entre sécurité et potentiel de performance grâce à la combinaison de fonds en euros et d’unités de compte, tout en offrant une grande souplesse d’usage et un cadre fiscal attractif dans la durée.

 

Vieux PEL : un avantage à préserver

Tous les plans ne sont toutefois pas à fermer. Les PEL ouverts avant 2011 conservent des atouts significatifs. Certains contrats des années 2000 offrent encore des taux pouvant atteindre 4,75 % brut, des niveaux inaccessibles aujourd’hui pour une épargne sans risque équivalent.

Dans ce contexte, conserver un ancien PEL bien rémunéré peut rester pertinent, malgré une fiscalité devenue plus contraignante au fil des réformes.

 

Les limites d’un nouveau PEL

À l’inverse, l’ouverture d’un PEL récent présente aujourd’hui un intérêt très limité. Le produit impose des versements annuels minimums de 540 euros et bloque les fonds pendant quatre ans. La suppression de la prime d’État en 2018 a également affaibli son attractivité.

 

Surtout, le contexte de taux a changé. Les droits à prêt attachés aux PEL récents, assortis de taux contractuels autour de 4,20 %, ne présentent plus d’avantage face aux conditions actuelles du crédit immobilier.

 

Une fiscalité devenue pénalisante

Le régime fiscal du PEL s’est progressivement durci. Pour les plans ouverts depuis 2018, les intérêts sont soumis dès la première année au prélèvement forfaitaire unique de 30 %. Concrètement, un PEL rémunéré à 2 % brut ne délivre plus qu’un rendement net de 1,4 %.

 

Si certaines mesures fiscales n’affectent pas encore directement ces contrats, leur stabilité à long terme reste incertaine.

 

Un produit en fin de cycle

La vague de fermetures attendue marque un tournant symbolique. Sans disparaître totalement, le PEL s’éloigne de son rôle central dans l’épargne des ménages. Pour les épargnants concernés, l’enjeu est clair : éviter l’inertie et arbitrer à temps pour ne pas transformer un capital autrefois performant en épargne dormante.